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Bon ! Il y a de cela quelques années, l’une des animatrices que je croyais avoir formée au meilleur de mes capacités vient me voir l’air interrogatif et me demande : « Sérieux, ta thématique m’inspire pas pantoute…est-ce que c’est vraiment nécessaire ? Genre, ça tuera pas personne si on ne la fait pas, pis en plus on va finir par faire les même 10 activités que d’habitude. Un moment donné là, du rabaska c’est du rabaska pis du tir à l’arc c’est du tir à l’arc non ? »

C’est là que j’ai réalisé qu’elle n’avait rien compris. Soit mes explications n’avaient pas été assez claires, soit ma thématique était réellement tellement poche que mon apprentie en avait oublié les principes fondamentaux. J’ai décidé d’opter pour la proposition numéro 1 et du coup, je devais trouver une façon plus convaincante de présenter les dogmes d’une bonne thématique… une façon tellement convaincante que plus jamais personne au monde ne pourrait se demander « est-ce que c’est vraiment nécessaire ? ».

Voici donc mon analyse de ce qu’est une Thématique, et de comment on peut/doit l’utiliser.

 

Déjà, c’est QUOI une thématique ?

Si on s’adonne à chercher une description complète et exhaustive, le Conseil Québécois du Loisir (CQL) ainsi que plusieurs cadres ou maîtres formateurs DAFA (Diplôme d’Aptitude aux Fonction d’Animateur) vous répondront qu’une thématique « consiste en une histoire active et interactive à laquelle se rattache une intrigue, des aventures et des personnages. Les participants sont appelés à s’impliquer activement dans son déroulement, dans son évolution historique. »

En gros, il s’agit donc du fil conducteur qui vous guidera lors d’une activité, d’une journée, d’un séjour ou même d’un été complet…parce que OUI il est possible de vivre plusieurs thématiques en même temps. Un peu de la même façon qu’un auteur vous fait suivre l’intrigue de plusieurs personnages distincts lors de la lecture d’un seul et même roman. MAIS BON... CONCRÉTISONS TOUT DE MÊME.

 

PAR EXEMPLE…

Disons que nous étions dans un contexte de camp de jour et que nous décidions que la thématique de l’été serait Les Schtroumpfs. Cette thématique toucherait donc tous les groupes du camp de jour et ce, pour toute la durée des camps. Nous pourrions mettre en place de petits sketchs qui raconteraient, au fil des semaines de l’été, comment le grand schtroumpf, la schtroumpfette et le schtroumpf grognon (tous des personnages incarnés par des animateurs volontaires) se sont retrouvés prisonniers de l’infâme Gargamel. Évidemment les chandails de camp pour cet été-là seraient bleus, et avec un peu de budget on pourrait même y ajouter le dessin de l’un de nos personnages avec le logo du camp ÉVIDEMMENT ! La chanson de l’été pourrait être écrite sur l’air thème de l’émission et certaines expressions de camp pourraient même, au fil de l’été, être remplacées par les mots Schtroumpfant ou Schtroumpfer. Voilà pour la thématique générale.

Par contre, si on se trouve effectivement dans un contexte de camp de jour où les mêmes enfants vont revenir chaque jour pendant presque 40 jours… il se peut très fortement que votre thématique s’épuise au bout d’une semaine si on ne se concentre que sur l’histoire de trois petits bonshommes bleus enlevés par un gros monsieur pas gentil, mais qui finiront évidemment par s’échapper et vécurent heureux jusqu’à la fin des temps… C’est donc là qu’entrent en jeu :

 

Les thématiques secondaires, ou pas si communément appelées, thématiques temporaires… éphémères.

Ça, ce sont les thématiques qui durent une journée ou peut-être une semaine… tout au plus. Elles sont utilisées pour orienter ou réinventer le sens de certains jeux, pour permettre aux jeunes de se déguiser ou de s’habiller différemment selon la thématique du jour, à amener les animateurs à trouver de nouvelles activités, à se renouveler et même parfois, elles ne servent qu’à changer le mal de place, le temps d’un party pyjama où d’un spécial Halloween.

Si on retourne à notre camp de jour, où les Schtroumpfs viennent faire un tour environ une fois par semaine, on ajouterait ensuite une thématique différente pour chaque jour de la semaine et pour toutes les semaines du camp de jour. Ainsi, le lundi de la semaine 1 deviendrait la journée des Petits scientifiques où nous testerions des expériences de tous genres, le mardi serait la journée Pirates à l’abordage ou nous grognerions au lieu de se parler et où tout le monde s’appellerait Moussaillon. Mercredi serait la journée Hawaiienne (excellent prétexte pour demander aux parents d’acheter des fruits et pour vous gâter avec une activités smoothies GRATUITS), jeudi deviendrait la journée Apprentis Sorciers, le vendredi serait la journée Petits Cuistos, et le lundi suivant (semaine 2) devriendrait la journée des Pays du monde et ainsi de suite avec une thématique différente chaque jour jusqu’à la fin de l’été.

 

…Mais asteure qu’on a compris le principe… À quoi ça sert une thématique ?

J’ai déjà lu quelque part qu’une thématique servirait principalement à stimuler l’imagination des enfants en pleine croissance … que cela aiderait au développement de leur cerveau. Par contre, j’ai toujours trouvé que le terme « stimuler » avait une connotation très « normative » du niveau d’imagination qu’un enfant devrait avoir, si bien qu’on doit le stimuler, pour qu’il remplisse ces critères qu’on se fixe…

 

Selon moi, une thématique a deux objectifs principaux en réalité :

NUMÉRO 1 : Sortir les jeunes de leur quotidien en les transportant dans des univers fantastiques…. Évidemment, si vous organisez une journée : « Je vais à l’école primaire », ou encore, « j’aide maman avec les tâches ménagères », ils ne risquent pas de participer avec le même entrain que si vous leur proposez une journée « Avengers » ou « Survie en Forêt ».

NUMÉRO 2 : Aider les animateurs à rester inspirés et motivés tout au long de leur parcours en animation. C’est vrai quand on y pense qu’après 40 jours, « du rabaska, c’est du rabaska, pis du tir à l’arc c’est du tir à l’arc. » On ne peut malheureusement pas réinventer la roue, par contre, c’est en se donnant des outils pour transformer les activités quotidiennes, par le billet de thématiques inspirantes, par exemple, que les animateurs trouveront le moyen de rester motivés tout au long de l’été.

 

Et puis… au bout du compte… si une thématique est bien préparée et qu’elle est vécue à 100% tant par les enfants que par les animateurs, il est évident que ça aidera les enfants à développer différentes facettes de leur personnalité grâce à des personnages où des situations fictives dans lesquels ils se reconnaîtront.

 

Comment intègre-t-on une thématique? Comment on s’en sert ?

 

 

 

 

 

 

 

EN BREF… les « do’s » and « don’ts » thématiques !

À FAIRE :

 

À NE PAS FAIRE :