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C'est avec grand plaisir que j'ai rencontré Gabrielle Raill. En plus d'être passé des couches au sifflet dans un camp de vacances, Gabrielle est maintenant l'heureuse directrice d'un camp d'été pour filles et le cerveau du projet #GrâceAuCamp et #ThanksToCamp. Sa rencontre m'a complètement charmé et voici pourquoi. 

Souvenirs de camp 

Cloé : Alors commençons par parler de ton premier souvenir de camp? 

Gabrielle : Je suis littéralement née au Camp, un camp qui appartient à mes parents. Mais, lorsque j'étais plus petite, mes parents nous envoyait dans différents camps pour vivre d'autres expériences. Mon meilleur souvenir est la fois où j'ai séjourner dans un camp avec des chevaux. Une nuit, nous avions dormis sous la belle étoile, et je me rappelle encore de voir toutes ces étoiles scintillantes devant moi et d'entendre le bruit des cheveux tout près de mon oreille. Je me sentais si bien. C'était une soirée parfaite, magique!

C : Où es-tu née? 

G : Je viens de Notre-Dame-de-la-Merci au Québec dans Lanaudière. 

Gabrielle Raill Camp Ouareau

De simple campeuse à directrice de camp 

C : Parlons maintenant de ton cheminement? Quel est le parcours qui t'a mené de campeuse à directrice de camp? 

G : J'ai commencé comme campeuse comme tu le sais. Puis, j'ai continué à titre d'animatrice dans différents camps. Le Camp était vraiment un endroit où je pouvais être moi-même, et lorsque je sortais du camp, je ne vivais pas le même sentiment. Il faut dire que j'avais beaucoup de difficultés à l'école. Oui, j'avais des amis, mais au camp je pouvais vraiment "exploser" comme personne. En animation, oui c'est un travail difficile, mais je pouvais m'enraciner et grandir en tant que personne. Ensuite, j'ai passé de monitrice de camp à chef de section, puis à directrice du PAM (Programme d’Aspirant Moniteur), et enfin à directrice du Camp Ouareau

C : As-tu toujours travaillé au même camp? 

G : Non, j'ai "vécu" et travaillé dans plusieurs camps : en Ontario et au Québec. Mais, je suis revenue au Camp Ouareau parce que c'est vraiment pour moi l'endroit où leurs valeurs sont le plus en symbiose avec les miennes. D'ailleurs, je pense que je travaille là depuis 10 ans. Non attend, 20 ans! J'ai commencé à travailler à temps partiel à 17 ans au Camp Ouareau, puis, j'ai quitté quelques années et je suis retourné travailler à temps complet à titre de directrice et ce, depuis 10 ans. Bref, j'ai toujours été dans le domaine des camps!

C : Quelles sont tes études?

G : J'ai un certificat en "Recreation and Leisure Studies" du Humber College à Toronto et un BAC en "human relations" de Concordia.

Ta passion : l'animation?

C : Et dis-moi, qu'est qui te passionne autant dans le domaine des camps? dans l'animation?

G : Ah! Ça va prendre 4 heures t'expliquer ça! (fou rire partagé!) Gabrielle a poursuivi en anglais, mais je traduirai pour cet article. Je pense que pour moi, mon expérience est vraiment unique parce que mes parents se sont rencontrés dans un camp, ils ont fondé un camp ensemble et j'ai grandi sur la propriété de ce camp. Alors, tu comprendras que le camp n'est pas rien pour moi. C'est vraiment une partie intégrante de ma personne, de ma personnalité. Je me rappelle que des personnes venaient à moi au Camp et me disait à quel point c'était merveilleux comme endroit, tellement magique. Et je ne comprenais pas, car voyons, tout le monde a 40 canots dans son arrière-cour! Bien sûr, je ne le prenais pas pour acquis, mais c'était devenu comme une normalité dans ma vie. C'est vraiment quand j'ai vieilli que j'ai réalisé la valeur de ce que j'avais et par la même occasion, les innombrables vertus du Camp! Ma famille a d'ailleurs un côté très artistique et lorsque j'ai eu 30 ans, j'ai déménagé en Angleterre pour étudier en design graphique. C'était un cours vraiment intensif. À l'époque, je me rappelle que j'étais vraiment nerveuse, car j'avais toujours travaillé dans le domaine des camps. Je me disais que si je changeais de carrière, je n'aimerais plus les camps, mais davantage le design graphique. Et c'est justement parce que j'avais peur que je savais que je devais le faire. Et c'est complètement l'opposé qui est arrivé. Je suis évidemment tombée en amour avec le design graphique, mais j'ai réalisé à quel point j'aimais ce que je faisais dans les camps. J'ai donc tout remis en perspective. C'est à ce moment-là que j'ai vraiment marié mes deux passions.

Les camps m'ont appris à communiquer avec les autres, et maintenant j'utilise le design graphique pour communiquer visuellement cet enseignement, cette passion. C'est donc vraiment le fait d'avoir voulu changer de carrière (et de pays) qui m'a permis de choisir "librement" et d'embrasser le domaine des camps. Malgré que j'avais irrité de cette profession de mes parents, c'est à 30 ans que j'ai pris ma décision. Depuis, tout ce que je fais est relié à l'idée de créer un espace pour les enfants pour apprendre et grandir. J'ai d'ailleurs fait des podcasts "how to train your staff" (vidéos en anglais) que vous pouvez retrouver sur Camp Code - Leadership & Staff Training Podcast for Camp Directors ou sur CampHacker.TV

J'apprends toujours beaucoup, c'est pourquoi j'aime faire ce type de projets. Mais, l'un de mes objectifs est d'augmenter le professionnalisme des camps. C'est pourquoi j'utilise vraiment tout ce que j'apprends pour le transmettre aux autres. 

Camp Code

Qu'est que ça signifie vraiment d'être intelligent? 

C : L'éducation non formelle, l'intelligence, sont vraiment des thématiques que tu reprends beaucoup. Tu as d'ailleurs produit un Ted Talk ayant pour titre "What does it mean to be smart" en juin 2016. Peux-tu nous en parler un peu?

G : J'ai grandi dyslexique et dans un quartier très francophone, pourtant je suis assez anglophone. (Obviously!) Roulement des yeux. Ma mère est anglophone et mon père est acadien. C'est pourquoi, en grandissant, mes parents ont cru qu'en raison de mon langage, j'avais plus de difficulté à apprendre. Je suis allée dans une école anglophone, puis dans une école francophone. Mes parents ont mis la faute sur ce changement. Ce n'est que plus tard qu'on m'a diagnostiqué dyslexique, puis par la suite, adulte, j'ai découvert que j'avais aussi un TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité).

J'ai longtemps cru que j'avais "triché" pendant mon parcours scolaire, en étant de nature plus amicale avec des étudiants plus intelligents et avec des professeurs. J'avais besoin qu'on m'explique les choses différemment. J'avais besoin de trouver la Connaissance différemment de la moyenne des gens. Et c'était très dur pour mon estime de moi. De l'extérieur, je paraissais confidente, mais de l'intérieure, c'était tout le contraire. Je n'avais pas l'impression d'être assez intelligente. D'ailleurs, les médecins qui m'ont diagnostiqués étaient surpris de savoir que j'avais réussi à passer au travers de mes études. Ce qui m'amène à me questionner sur comment j'ai réussi à graduer et à obtenir autant d'opportunités dans ma vie. Et j'ai justement les Camps qui m'ont appris à acquérir différentes compétences et habiletés. J'ai appris comment connecter avec les autres et comment obtenir la connaissance dont j'avais besoin avec des chemins alternatifs.

C'est pourquoi les Camps sont des endroits si précieux! Ses yeux pétillaient, je vous assure.

Alors, j'ai été approché pour réaliser un Ted Talk. Il y a tellement une panoplie de formes d'intelligences et les Camps sont justement des endroits qui permettent aux gens de les afficher fièrement; d'être vraiment intelligents à leur manière. 

ThanksToCamp GrâceAuCamp

#GrâceAuCamp #ThanksToCamp 

C : Ainsi c'est dans la même veine d'esprit que le projet #GrâceAuCamp #ThanksToCamp est né. Peux-tu nous dire en quelques mots qu'est que c'est? 

G : #ThanksToCamp est la phase numéro 1 d'une campagne de marketing nationale présentée par l'Association des Camps du Canada (ACC) où un ensemble d'outils est mis à la disposition des Camps pour les aider à se publiciser eux-mêmes. Ainsi, ce sera un mouvement de mobilisation collectif ! Nous voulons inviter les campeurs, le personnel des Camps, les anciens et les parents à partager leurs histoires sur l'impact positif qu'a eu leur expérience au camp sur leurs vies. 

C : D'où est venue l'idée?

G : J'étais à une conférence tenue par "The American Camp Association" en Nouvelle-Orléans et c'est là que j'ai rencontré Stephen Fine, l'un des professeur associé derrière l'étude "Canadian Summer Camp Research Project : Beyond learning how to canoe and make s'mores, what value is summer camp to kids in Canada?" publiée en 2011. 

(Psst. Si vous voulez lire notre article vulgarisé sur le sujet : 4 raisons pour envoyer vos enfants dans les camps d'été).

Quand nous avons commencé à discuter, je ne pouvais plus me contenir tellement j'étais excitée! Cette étude avait toutes les preuves scientifiques pour enfin démontrer que le camp n'est pas seulement un endroit pour avoir du plaisir, mais qu'il en découle de nombreux bénéfices. Je voulais aider à tout prix à publiciser ce message. Mais, disons que les graphiques que me présentaient Steven étaient incompréhensibles pour le commun des mortels. C'est pourquoi, avec son autorisation, nous avons utilisés différentes statistiques de cette étude pour d'abord créer des affiches avec le #MoreThanJustFun. Puis, il nous est venu l'idée de créer une campagne de publicité pan-canadienne basée sur cette étude scientifique et l'ACC a approuvé ce projet. En voici les grandes lignes :

  • Printemps 2017 : Choix des Ambassadeurs de camp 
  • Été 2017 : Récolte des récits avec le #GrâceAuCamp ou #ThanksToCamp 
  • Octobre 2017 : Partage des histoires
  • Été 2018 : Phase 2 de #GrâceAuCamp et #ThanksToCamp 

C : Magnifique! Comment peut-on aider au projet? 

G : Nous voulons que des moniteurs et des animateurs participent activement à ce projet, qu'ils s'approprient ce projet comme des Ambassadeurs. Et je ne parle pas des directeurs de camp, car on sait qu'ils sont supers occupés l'été. On veut que ce soit le personnel d'animation des Camps qui récoltent les histoires inspirantes de leur camp. Pour ce faire, ils n'ont qu'à s'inscrire sur le site web de ThanksTocamp.ca et à télécharger les photos ou vidéos prises avec des campeurs, parents, animateurs... où ils terminent la phrase "Grâce au Camp ..." ou "Thanks to camp...".

Il y 3 options possibles : 

  1. Nous transmettre les vidéos et photos via le site web ThanksTocamp.ca SANS ARBORER le logo de votre camp ; 
  2. En octobre 2017, publier les vidéos et les photos dans le cadre du Partage d'histoires nationale EN ARBORANT fièrement vos couleurs de camp ; 
  3. Faire les deux précédentes options sans limitations! 

 

#GrâceAuCamp #ThanksToCamp 

Le mot de la fin 

C: En terminant Gabrielle, quelle serait à ton sens la plus belle qualité qu'un animateur peut avoir?

G : La compassion. C'est quelque chose qu'on apprend avec les autres, ce n'est pas inné. Lorsque qu'un animateur s'arrête et prend vraiment le temps d'écouter un enfant, c'est ce qui va le marquer et changer sa vie. Si, devant un enfant qui ne veut pas aller dans l'eau, l'animateur lui dit "Pourquoi as-tu peur de l'eau? Parles-moi en davantage?", au lieu de lui dire "Tout va bien aller, vas-y", il lui apprend à son tour la compassion.

C : Totalement d'accord. Finalement, qu'est qu'on peut te souhaiter dans le futur?

G : Je voudrais que notre société réussisse à mettre davantage les enfants au premier plan. Notre société, notre pays, notre monde se porteraient beaucoup mieux si on priorisait les enfants avant tout. C'est pourquoi je veux aller de l'avant avec un projet comme #GrâceAuCamp #ThanksToCamp. J'ai beaucoup d'espoir! 

C : Merci et longue vie à votre projet! 

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