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Vous savez, des situations de toutes sortes peuvent arriver dans un camp de jour. Il y en a des tristes, des stressantes et d’autres qui nous donnent le fou rire, comme un campeur vivant avec une déficience intellectuelle qui est arrivé un beau matin tout fier de te montrer qu’il s’est rasé les sourcils au complet (histoire vraie). L’important c’est qu’au bout du compte on puisse raconter ces histoires avec le sourire pour en faire profiter les autres. Laissez-moi vous raconter la fois où j’ai cru que le pire était arrivé…

Déjà-vu?

-       Allez, je sais que tu es capable. Plus que 3 prises et tu es au sommet.

-       Mais je suis plus capable.

-       Pas capable il est mort Xavier. Allez, tu as juste à monter ton pied droit. De là-haut tu peux même voir le champ de tir à l’arc à côté.

-       Mais j’ai peur.

Son animateur n’arrête pas de lui crier de monter jusqu’en haut de la tour d’escalade et lui-même en est incapable. Il a peur des hauteurs. Mais, il incite quand même le petit Xavier à vaincre sa peur des hauteurs. Un peu hypocrite non ? Ou généreux ? Nous sommes les idoles de ces enfants et nous n’avons même pas l’intelligence de nous mettre de la crème solaire. Après cela, on ose leur répéter 4 fois par jour de s’en mettre. Mais eux, ils veulent être comme nous ! Ils n’ont pas besoin non plus de crème solaire ! c’est pour les faibles. Nous sommes leur modèle.

-       Alexandre ! quel est le règlement le plus important en escalade ?

-       Euh… s’amuser ?

-       Non ! rester assis. Là tu es encore debout et ça fait 3 fois que je t’avertis. Si tu continues comme ça, tu vas recevoir un coup de pied sur la tête par un grimpeur ou tu vas m’accrocher et je vais lâcher la corde.

(OK, OK j’étais un peu freak à ma première année d’animation.)

-       Bamako, je veux descendre.

-       Allez Alexandre va t’asseoir.
Il s’assoit. Une chance. Je n’aurais pas voulu qu’un accident arrive. Ma première année au camp, il ne faudrait pas qu’un enfant se fasse tuer.

-       Bamako ! j’ai peur je veux descendre.

Ah oui zut c’est vrai. Xavier est encore là-haut. Avec tous les enfants qui s’agitent et le groupe juste à côté qui joue au mur de bruit, j’avais presque oublié.

-       Deux mains sur la corde. Je te descends.

La main droite sur le brin de vie, la main gauche légèrement appuyée sur le levier du gri-gri, je commence doucement à descendre le jeune Xavier qui a la larme à l’œil et qui va encore se faire niaiser par ses amis, car il n’a pas atteint le sommet.

-       BAMAKO !

-       Hein ?

-       BAMAKO !!!

-       C’est Némo en tir à l’arc, me dit Ficello, l’animateur du petit Xavier.

-       BAMAKO! appelle les sauveteurs ou l’infirmière !

Je me tourne pour regarder derrière moi, là où se trouve le champ de tir à l’arc. Tout ce que je vois, c’est une petite fille blonde d’environ 6 ans, Naomie, je crois, le visage en sang. Une flèche. Elle a reçu une flèche en plein visage c’est certain. Peut-être est-ce Océane ? Peu importe. Je veux partir à courir. Non, impossible. Le jeune Xavier est encore dans les airs, accrocher par une corde à mon harnais. Je le descends le plus rapidement et sécuritairement que je peux. Il pleure. Je dévisse le mousqueton, et là merde… c’est là que je réalise que j’ai oublié le talkie-walkie ce matin-là. Tab*****. Je dois réaliser la course de ma vie et rejoindre la piscine la plus vite possible où se trouvent les sauveteurs et peut-être l’infirmière. C’est fou comment le stress peut faire courir vite une fille avec 15 kilos en trop.

Pendant tout ce temps, je pense qu’elle est morte.

-       SURF !! Prends la trousse et suis-moi vite !

2 sauveteurs musclés se mettent à courir en direction de l’escalade. Vu ma panique et mon essoufflement, ils ne m’attendent même pas et se dirigent vers mon plateau de spécialité. Ils courent vite, mais moi tout ce que je vois c’est des mannequins en chest sortis d’Alerte à Malibu. Je reprends mon souffle et je les rejoins.

 

***

Ce jour-là, j’ai appris 3 leçons importantes :

1.    Une bouteille d’eau en métal reçu en plein visage, ça peut fendre la peau. (Et un petit Noa qui la fait tourner comme un Hélicoptère, c’est pas très intelligent.)

2.    Un accident, ça arrive vite, très vite, mais heureusement, on en rit presque toujours après.

3.    Comme dit le petit Alexandre, le plus important c’est le plaisir, parce que lorsqu'on ne pense qu’aux règlements, on oublie qu’une flèche en plein dans l’œil ça n’arrive que dans les films.

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